Sur les 3 ou 4 premiers repas, les animaux recevaient du Promacide ajouté dans leurs doses de pâtée et ce, pour soit disant purger leur système digestif. Le Promacide, produit corrosif, était censé acidifier le milieu intestinal. Il n'est pas compliqué de comprendre que les muqueuses du système digestif de ces animaux pouvaient être attaquées par ce corrosif et ce, du bout du bec à l'autre extrémité. Une maladie fréquente touchait les animaux en gavage : la candidose. Cette pathologie profite d'une moindre lésion pour s'installer et proliférer. De plus, dès qu'elle est enclenchée, elle arrive très rapidement à affecter tous les oiseaux par le biais de l'embuc qui passe d'oiseau en oiseau pendant le gavage. Alors pour contrer la candidose au mieux, du premier au dernier repas le gaveur rajoute aux pâtées ni plus ni moins du sulfate de cuivre qui fait parti des métaux lourds et toxiques. Cela est sans parler des antibiotiques nécessaires pour des oiseaux que les gaveurs reçoivent très souvent malades et qu'ils doivent soigner en cours de gavage. Toutes les molécules de ces produits se retrouvent dans tout ce qui constitue l'animal.
Les 4 à 5 derniers jours de gavage sont les plus à craindre. C'est dans cette période que l'hécatombe commence sérieusement et s'amplifie d'heure en heure. Pendant les fortes chaleurs (sans oublier la canicule de 2003), ce sont des milliers d'oiseaux morts jetés à la poubelle, qui avant cela, ont eu tout le temps de vivre leur lente agonie due à l'excès de chaleur et le manque d'air, en plus de la graisse et des blocages digestifs qui doucement étreignaient peu à peu et inexorablement leurs organes vitaux jusqu'au trépas.
Pour les rescapés, au jour et heure prévus de leur départ pour l'abattoir, le calvaire n'est pas encore tout à fait fini. A la sortie des salles de gavage, les oiseaux sortent donc en vrac, chargés par 4 dans les caisses de transport juste avant de revivre en pire (vu leur état de santé), les aléas de la route qu'ils ont connus en tant que PAG et ce parfois sur plusieurs heures avant d'arriver à l'abattoir malgré leur état précaire.
Etape suivante : l'abattage